La Marche Sainte Aldegonde est à la fois une procession militaire et religieuse. Née en 2023 autour du culte de Sainte Aldegonde, elle a évolué au fil des ans en intégrant des éléments militaires et des musiques qui rythment aujourd’hui encore le deuxième week-end d’octobre.
Cette page retrace l’origine de la procession, son enracinement paroissial et son inscription au sein des Marches de l’Entre-Sambre-et-Meuse.
Sainte Aldegonde et la paroisse
Issue d'une famille chrétienne de la noblesse mérovingienne (Saint Walbert et Sainte Bertille, Aldegonde (ou Alda) est née vers 630 à Cousolre (village frontalier situé à quelques kilomètres de Beaumont).
Dès sa jeunesse, elle manifeste une grande piété ainsi que, liée au souci des pauvres, la volonté d'abandonner les richesses de la terre. Brûlant en secret de l'ardent désir de ne réserver son cœur qu'au seul amour du Christ, elle refuse toutes les offres de mariage.
Selon le souhait de sa sœur sainte Waudru, de dix ans son aînée, Aldegonde passe quelque temps à Mons au monastère que celle-ci y avait fondé. De retour à Cousolre, elle s'enfuit une nuit de la demeure familiale. Allant à travers bois, elle arrive saine et sauve de l'autre côté de la Sambre. Dans un lieu inculte, couvert d'arbustes et de buissons, elle se construit une hutte de branchages, et elle appelle son ermitage Malbodium (mauvais bois) qui donnera plus tard Maubeuge.
C'est l'évêque saint Amand qui consacrera sa vocation religieuse en lui donnant la voile des vierges chrétiennes. Ainsi consacrée officiellement à Dieu, Aldegonde ne tarde pas à voir accourir auprès d'elle d'autres jeunes filles désireuses de partager son idéal.
Une église et des cellules sont construites et le domaine est mis en culture : le monastère de Maubeuge est né ! C'est un couvent paisible où la vie s'écoule, silencieuse et effacée au service des pauvres.
Sainte Aldegonde s'éteindra le 30 janvier 684 après avoir connu les souffrances d'une longue maladie qui sera plus tard identifiée comme un cancer du sein droit. Elle a été vénérée dès sa mort par ceux qui avaient connu ses vertus. Sa fête liturgique semble avoir existé à Maubeuge au moins dès le IXème siècle.
Elle aurait été canonisée en 1039. On la fête le 30 janvier. Elle est invoquée contre les maux dont elle a elle-même souffert : maux d'yeux, douleurs de tête, fièvres et surtout cancer, notamment cancer au sein. Ses reliques sont visibles dans l'église paroissiale Saints-Pierre-et-Paul à Maubeuge.
En Belgique, des églises sont consacrées à Sainte Aldegonde à Ophain-Bois-Seigneur-Isaac, Hérinnes, Baisieux, Écaussinnes-Lalaing, Froidchapelle, Mont-Sainte-Aldegonde, Noirchain et Rance.
On invoque Sainte Aldegonde contre la mort subite et les maladies contagieuses, les maux de tête, les crampes, chancres, contre la fièvre. Outre la guérison des cancers, on la prie pour que les enfants marchent sans difficultés.
L'église Saints-Pierre-et-Paul abrite, dans le centre de Maubeuge, le trésor de la sainte, dont un remarquable reliquaire du XVe siècle, une crosse et des bannières qui servaient aux processions.
À Froidchapelle, son culte a structuré la vie paroissiale : statue portée en procession témoignent d’une relation vivante entre la communauté et sa sainte patronne.
Les Marches de l’Entre-Sambre-et-Meuse
Chronologie
- XVIIe–XVIIIe siècles: consolidation du culte à Sainte Aldegonde et premières processions locales.
- Début XIXe siècle: structuration des compagnies et entrée des uniformes inspirés des armées napoléoniennes.
- Fin XIXe siècle: développement des musiques et des drapeaux; les Marches prennent leur visage actuel.
- XXe siècle: interruptions ponctuelles (guerres), puis reprise et élargissement dans l'Entre-Sambre et Meuse.
- Années 2023: création de la Marche Sainte Aldegonde à Froidchapelle.
- Aujourd’hui: un rendez-vous les deuxième week-end d'octobre qui associe ferveur, mémoire et convivialité.
Porteurs de la tradition